Le secteur des hydrocarbures, un poids lourd dans l’économie et les finances publiques du Cameroun !
D’une part, les ventes de pétrole brut, ont représenté en 2010 près de 27% des ressources budgétaires de l’Etat et pourraient suivant les tendances actuelles y contribuer à hauteur de 25% en 2011.
D’autre part, les exportations d’hydrocarbures (constituées de pétrole brut à 63% et de produits raffinés à 27%) sont à l’origine de près de la moitié (49%) du total des revenus extérieurs du pays.
L’industrie pétrolière au Cameroun est marquée depuis 1986 par une baisse en moyenne de 12% par an de la production de pétrole brut, laquelle s’établit actuellement à 59.000 bbl/j. En l’absence d’une découverte majeure qui permettrait de renverser la tendance baissière, plusieurs majors ont ou prévoient de céder leurs actifs au Cameroun.
Toutefois, à la mesure qu’elles se retirent, comme cela a été le cas de Total en novembre 2010 ou probablement celui de Shell dans les mois à venir, des juniors déjà implantées telles que Perenco (qui a racheté les actifs de Total), Bowleven, Addax ou Glencore prennent le relai et gagnent en influence alors que les blocs marginaux camerounais commencent aussi à intéresser de nouveaux opérateurs tels que Petronas (Malaisie), Yan Chan (Chine), Noble (USA), Rodeo Development Ltd (Victoria Oil & Gas – U.K) ou encore plus récemment la compagnie nationale SNH dont le premier baril est attendu d’ici quelques mois.
Dans ce contexte, et ce en dépit de la baisse de la production, les investissements des opérateurs pétroliers se sont globalement maintenus en hausse moyenne de 9% sur les 5 dernières années, à 285 M USD en 2010. Même si un repli temporaire est attendu cette année (principalement en raison des désinvestissements opérés sur certaines exploitations en fin de vie), la dynamique de croissance devrait repartir avec plus de vigueur dès 2012 – année où l’on prévoit d’ailleurs un rebond de la production de pétrole – du fait notamment de la mise en service de nouveaux puits, à la fois pour la production de pétrole/condensat et de gaz naturel dont deux premiers gisements sont en cours de forage par Perenco au large de Kribi et par Rodeo dans la périphérie de Douala.
Afin de soutenir et d’accélérer la diversification de la filière engagée en amont avec la promotion des gisements de gaz naturel, l’Etat va mettre en œuvre dans les prochaines années une politique d’intégration dont le but à terme est de pérenniser l’existence de l’industrie des hydrocarbures au-delà de l’exploitation des réserves brutes. Sur le terrain quelques projets importants sont déjà lancés : l’extension de la raffinerie de pétrole de Limbé devrait donner lieu courant 2012 à plusieurs commandes pour la construction d'unités dites simples supplémentaires et d’une première unité de craquage ; le coût global de ce projet est estimé à 700 M USD dont plus de la moitié (environs 400 M USD) reste à exécuter.
Dans le domaine du gaz naturel la mise en service avant la fin du premier trimestre 2012 d’un réseau de distribution urbain alimenté par les gisements de Douala nécessitera d’opérer en aval, des investissements pour la conversion des usines locales auxquelles le combustible sera destiné et lesquelles sont actuellement dépendante des fiouls; ces investissements pour les trois premières années sont projetés à près de 150 M USD, sachant qu’ils devraient fortement croître dans la suite avec l’accroissement de la demande.
Plus importants encore, plusieurs études en cours devraient aboutir au démarrage à l’horizon 2013 de projets de plus grande envergure qui sont tous liés à l’exploitation de gaz naturel et de gaz associés. Il s’agit de: - la construction à Kribi d’un train de liquéfaction de 3 M de tonnes annuelles (4 Mds USD) dont le montage financier est à en cours de finalisation, l’ingénierie;
- la construction d’une usine d’urée à partir de gaz naturel pour laquelle le dépôt des offres pour la réalisation de l’ingénierie, la construction et l’exploitation a sera clôturée en octobre 2011;
- et l’établissement à partir de 2014 à Limbé d’un hub gazier autour duquel on prévoit de développer un complexe pétrochimique pour la production de méthanol et de GPL destinés au marché local.
Dans tous les cas, on devrait assister au cours des prochaines années à un dynamique de croissance soutenue des investissements dans la filière des hydrocarbures tant en amont dans l’exploration & production qu’en aval dans le raffinage, la chimie, le transport. De plus cette dynamique devrait dans certains cas induire d'autres investissements en aval pour la conversion des équipements actuels des usines. Cette situation pourrait dès lors bénéficier aux entreprises spécialisées dans l’ingénierie et les travaux industriels. Plusieurs entreprises françaises de travaux et prestations industrielles telles que Spi Oil and Gas, Cegelec, Technip entre autres entretiennent des courants commerciaux réguliers avec des entreprises au Cameroun.
La part de marché française dans la sous-traitance industrielle liée à la filière pétrole et gaz représente à peu près 25% de la demande globale, en tête des importations de biens et services du secteur devant les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Pologne et les BRICS. Ces derniers depuis quelques années enregistrent une percée commerciale remarquable, notamment dans la fourniture de matériels d’exploration et de production. Toutefois, on note une perte régulière de cette part de marché, entre 1 à 2 points par an, depuis 2005 même si les volumes réels exportés de biens et services sont restés stables jusqu’en 2009, date à laquelle le contrat d’assistance technique de Total avec la Raffinerie de Limbé est parvenu à son terme. Du fait de ce Contrat, Total assurait près de 80% des achats internationaux de la Société Nationale de Raffinage (dont elle détient 18% du capital). Or l’interruption de ce contrat, tout comme la cession par le pétrolier de ses actifs en amont, constitue pour les exportateurs français, et particulièrement les PME, une perte en profondeur stratégique, qui justifierait en 2010 et en 2011 des pertes de marché en volume. Cette évolution est d’autant plus préoccupante que les pertes ou prises actuelles de positions détermineront l’issue des batailles commerciales en perspective pour la réalisation des projets programmés.
UBIFRANCE met ses compétences et son réseau de contacts au service des entreprises françaises afin de les accompagner dans la conquête de ces opportunités. Dès lors, les rencontres acheteurs prévues les 5 et 6 avril 2012 à Douala offriront l'opportunité à la délégation d'entreprises françaises, spécialisées dans les travaux et prestations des industries du pétrole et gaz, de rencontrer les grands acteurs du secteur "oil and gas" au Cameroun et de se positionner sur les marchés des différents projets.
En outre, les rencontres au Cameroun dont le calendrier prévisionnel s'imbrique avec deux autres opérations de même type prévues sucessivement au Ghana et en Guinée Equatoriale, permettra aux participants de faire d'effectuer des escales utiles entre ces deux grands rendez-vous tout en minimisant leurs coûts de prospections.